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Millésime 1999
A Aÿ, la saison 1999 est facile et douce. La nature a décidé d’être
très généreuse avec tous les champenois. C’est
un vignoble magnifique qui s’offre aux 500 000 visiteurs venus
admirer l’éclipse du 11 août. A cette date,
c’est aussi une des première fois en champagne que les exploitations
sérieuses pratiquent la vendange en vert (élimination de
20 à 30 % des grappes) tellement la vendange est abondante.
Le 16 septembre, au vignoble Giraud, nous lançons la cueillette
comme une course contre la pluie et nous rentrons en 7 jours seulement
pléthores de splendides raisins sains et biens mûrs. Avec
10°4 de sucre et 6,5 gr d’acidité, l’indice de
maturité parait atypique. Pourtant 1999 sera un beau millésime
aromatique et élégant.
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| Composition | 70% Pinot Noir, 30% Chardonnay cueillis sur le terroir d’Aÿ. Débourbé au froid, vinifié et élevé 12 mois en fût de chêne. |
| A l'œil | La robe est un vrai plaisir pour les yeux. De teinte or rose assez intense, lumineuse et chaude, elle se pare de fins chapelets de bulles, calmes et réguliers qui donnent à l’ensemble un sentiment de volume, une certaine épaisseur.
La présentation est ainsi riche et profonde, accompagnée d’une grâce certaine. |
| Au nez | L'intensité du premier nez est exceptionnelle, comme toujours sur cette cuvée, mais cette fois le vin se présente comme une vraie gourmandise. Les notes de pêche cuite, de poire, de citron confit, sont bien là mais elles sont magnifiées par l’élevage en bouteille. Praline, brioche et miel sur un soupçon de cannelle font de ce nez un véritable dessert aromatique.
Ensuite, la minéralité s’affirme. Les notes de cerise, de noyau, de « fumé » sur un fond animal révèlent l’omniprésence du pinot noir. L’expression aromatique s’affine, devient plus tendue, plus tenue. La complexité devient le maître mot ; de l’élevage en cave, on passe au caractère « variétal » des raisins...
puis le terroir se révèle. Minéralité crayeuse, notes de crustacés, cuir extra fin, safran, genêt, jasmin… Un nez exceptionnel ; affable, complet, brillant, gourmand, rare, dans un style qui suggère la Bourgogne dans ce qu’elle peut livrer de plus réussit. |
| En bouche | En bouche, l'attaque est fraîche puis, dès la seconde suivante, le vin s'avère très étoffé. Large et plein, typique en cela de l’année, il se livre immédiatement. La fraîcheur (acidité, effervescence) est fondue dans le corps « extra large » et ne viennent qu’en accompagnement de ce volume de vin.
A partir du milieu de bouche, la structure du vin est soutenue par une pointe de tanins, fins et non aromatiques. Jusqu’à la finale, la richesse en gras du vin est impressionnante et donne à l’ensemble une impression d’onctuosité.
Une bouche somptueuse qui termine sa course par une belle vinosité, un sentiment de chaleur, qui signe l’année.
La finale, nette et longue (sept secondes de caudalies), se termine légèrement crayeuse et tannique, sur des notes d’anis, de réglisse, de pain d’épices et de crème anglaise. La texture du vin va ainsi progressivement passer de l’onctuosité au caractère crémeux. La dernière note est chaleureuse, signant ainsi le caractère de cette cuvée issue d’un millésime « solaire ».
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| Service | Ce vin est le digne héritier des millésimes antérieurs de cette même cuvée. Il est à la fois riche, complexe et attachant. Il nous raconte son histoire, ses origines, sa naissance, dans un style unique, au sommet de l’expression champenoise. Il se livre aujourd'hui à parfaite maturité, typique des années « solaires » qui ont marqué la dernière décennie champenoise.
Franc, sans réserve ni calcul, il se révèle large, plein, chaleureux, séducteur et sans complexe.
Il doit être servi dans les meilleures conditions, entre experts, amateurs avertis, passionnés de vins de Champagne car il attirera rapidement la conversation à lui.
En gastronomie, deux remarques d’ordre général :
La texture crémeuse, voire onctueuse du vin (en fonction de la température de service) demande pour les aliments des textures elles-mêmes crémeuses ou onctueuses.
Autre recommandation, le caractère riche et « solaire », chaleureux appelle plutôt les plats chauds.
Ensuite, tout lui convient. Des poissons aux viandes rouges, en passant par les viandes blanches et bien sûr les foies gras. Les épices chaudes (curry, colombo…) et les préparations « en croûte » seront des « boosters » de vos alliances.
Enfin, ce vin ne prend toute sa dimension qu'au-delà de dix à douze degrés de température de service.
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